Mardi 27 octobre 2026

Étiquette énergie des smartphones : comment la lire, et ce qu’elle ne dit pas

Depuis le 20 juin 2025, chaque smartphone et chaque tablette vendus dans l’Union européenne portent une étiquette énergie, avec une classe de réparabilité, une note de résistance aux chutes et l’endurance de la batterie. Un an plus tard, iFixit a vérifié ce qu’il y a derrière : quatre fiches sur cinq ne donnent pas accès aux informations de réparation exigées. Mode d’emploi de l’étiquette, et des précautions pour bien l’utiliser.

La rédaction4 min de lecture
Illustration : les indicateurs de l’étiquette énergie des smartphones, de l’efficacité énergétique à la réparabilité
Illustration : atelier de mobile, d’après la Commission européenne et iFixit.

Sept informations en un coup d’œil

L’étiquette reprend la palette colorée qu’on connaît sur les frigos, mais ajoute des indicateurs taillés pour les téléphones. Voici ce que chacun signifie, d’après la Commission européenne, et ce que ça change pour vous.

Schéma de l’étiquette énergie européenne d’un smartphone et de ses sept indicateurs
Schéma : atelier de mobile, d’après la Commission européenne ; valeurs d’exemple du Galaxy S26 Ultra relevées par GSMArena.
  • Classe d’efficacité énergétique (A à G) : la consommation électrique, utile surtout pour comparer deux modèles.
  • Autonomie par cycle : le nombre d’heures et de minutes d’utilisation sur une charge, mesuré selon un scénario d’usage standardisé. Ce n’est pas votre journée à vous, mais une base de comparaison équitable entre marques.
  • Endurance en cycles : le nombre de cycles de charge avant que la batterie tombe à 80 % de sa capacité. 1 000 cycles, c’est un peu moins de trois ans de recharge complète quotidienne.
  • Classe de réparabilité (A à E) : calculée à partir d’un indice à six critères, de A (le plus réparable) à E.
  • Résistance aux chutes répétées (A à E) : selon le nombre de chutes que l’appareil supporte lors d’un test normalisé.
  • Indice IP : protection contre la poussière (premier chiffre) et l’eau (second chiffre). IP68, le plus courant sur le haut de gamme, signifie étanche à la poussière et immersible.
  • QR code : il renvoie à la fiche détaillée du produit dans la base européenne EPREL.

Trois exemples concrets

Voici les valeurs d’étiquette de trois modèles récents, telles que relevées par GSMArena :

Modèle Énergie Autonomie par cycle Cycles Chutes Réparabilité
Galaxy S26 Ultra A 55 h 1 200 A (270 chutes) C
iPhone 18 Pro Max A 62 h 1 000 B (180 chutes) C
Pixel 11 Pro XL B 50 h 10 1 000 A (270 chutes) B

Lecture rapide : le Pixel fait un peu mieux en réparabilité, le Galaxy promet la batterie la plus endurante dans le temps, l’iPhone l’autonomie par charge la plus longue au test européen. Aucun ne décroche de A en réparabilité.

Ce que l’étiquette ne dit pas

Le 10 septembre, iFixit a publié un bilan sévère après un an d’application. L’équipe a passé en revue 2 334 fiches de smartphones mis sur le marché au cours de l’année dans la base EPREL, où les fabricants doivent indiquer le site qui publie leurs instructions de réparation et leurs prix de pièces détachées :

  • environ 18 % renvoyaient vers une page où l’on trouve réellement ces informations ;
  • environ la moitié laissaient le champ vide ;
  • environ 19 % pointaient vers une simple page produit, 8 % se contentaient d’un « voir le manuel », et 5 % renvoyaient vers Temu ou AliExpress.

Résultat : environ quatre fiches sur cinq ne respectent pas l’obligation. Apple et Samsung sont jugés en règle, même s’il faut plusieurs clics pour trouver leurs tarifs. iFixit pointe aussi d’autres limites : la classe de réparabilité est autodéclarée par le fabricant, sans obligation de publier le calcul complet ; elle n’apparaît pas sur la petite version de l’étiquette utilisée par les boutiques en ligne ; et l’étiquette elle-même manque parfois à l’appel, comme sur environ 30 % des smartphones vendus sur le site allemand de MediaMarkt lors de ses vérifications.

Notre méthode pour bien s’en servir

  1. Comparez à usage égal : l’autonomie par cycle sert à classer des modèles entre eux, pas à prédire votre journée.
  2. Regardez les cycles autant que les heures : pour un téléphone gardé longtemps, 1 200 cycles valent mieux que quelques heures d’autonomie en plus.
  3. Vérifiez la promesse de réparabilité : flashez le QR code, puis cherchez sur le site du fabricant le prix d’une batterie et d’un écran. S’il est introuvable, la classe affichée ne vous aidera pas beaucoup.
  4. Ajoutez la durée de suivi logiciel : depuis juin 2025, les fabricants doivent fournir les mises à jour du système pendant au moins cinq ans après la fin de commercialisation d’un modèle, et les pièces essentielles pendant sept ans.

Sources

Cet article a été préparé avec l’assistance d’une intelligence artificielle, à partir des sources citées.

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